Anticiper une possible invasion des crabes bleus

Depuis un an, les prises de crabes bleus se multiplient de la côte espagnole jusqu’au Rhône. L’arrivée de cette espèce invasive et vorace, capable de s’attaquer aux poissons dans les filets comme aux coquillages, notamment dans les milieux lagunaires, est surveillée de près. En Tunisie, le crustacé, surnommé « Daech », a envahi les côtes en seulement cinq ans. Les professionnels ont mis en place une filière de pêche, de transformation et d’exportation de cette espèce savoureuse. Mi-octobre, une délégation française s’est rendue sur place pour étudier les techniques de capture et de valorisation. Denis Regler du CRCM était du voyage. « Les méthodes utilisées, petits chaluts et filets maillants, ne sont pas assez ciblées. Ici, les nasses seraient plus adaptées. Des prototypes sont à l’étude. »
Le parc Naturel Marin du Golfe du Lion a en effet diligenté des tests en partenariat avec le lycée de la mer. L’expérimentation de nasses, adaptées aux côtes languedociennes, devrait se poursuivre en 2020 avec le soutien du GALPA EMA (Grand Narbonne). Autre prospection : des conchyliculteurs de Leucate sont allés dans le delta de l’Ebre en Espagne, où le crabe bleu se développe et décime les parcs. Outre les questions relatives aux techniques de pêche, les professionnels s’interrogent sur les autorisations nécessaires à ce type de capture et sur le coût de la transformation, forcément plus cher qu’en Tunisie.
Reste maintenant à savoir si l’apport en eau douce des lagunes occitanes conviendra aux crabes bleus…