Picochlorum : retour à la normale

Un nouveau Comité de pilotage pour le suivi de la présence de picochlorum dans les eaux de la lagune s’est tenu le 17 octobre 2019. Pour rappel, le picochlorum est ce picophytoplancton qui a donné sa coloration verte aux eaux de la lagune l’hiver dernier et entraîné des baisses de croissance des coquillages. Ce dernier COPIL a permis de dresser le bilan des suivis mis en place dans le cadre de cette crise. La situation semble revenue à la normale au plan qualitatif depuis le printemps 2019 mais au niveau quantitatif le milieu marin à Thau reste très pauvre. Cette diminution de la biomasse phytoplanctonique explique la faible pousse et le taux de remplissage insuffisant constatés par les conchyliculteurs de Thau.

Ce constat n’est cependant pas nouveau. Les nombreux investissements réalisés pour lutter contre les apports phosphorés et la récurrence des malaïgues ont eu pour effet d’appauvrir le milieu, ce qui a entraîné une diminution de la biomasse phytoplanctonique. Pour rappel, les apports d’éléments phosphorés ont diminué de 90% depuis 30 ans. De plus, la hausse des températures observée ces dernières années n’est pas favorable aux espèces fourragères traditionnellement observées dans le milieu (diatomées…).

Pour enrayer ce phénomène, le CRCM travaille sur plusieurs pistes pour renforcer les apports en eau douce à la lagune. Plusieurs réunions de travail ont été organisées. La piste d’un apport via le fleuve Hérault semble la solution la plus accessible. Le SMBT étudie cette piste en relation avec les acteurs concernés et l’Etat a annoncé la tenue d’un comité de pilotage sur le sujet de l’appauvrissement du milieu sur Thau avant la fin de l’année.

Côté suivi, le  suivi phytoplanctonique sera poursuivi en 2020 afin d’améliorer la connaissance sur les blooms et les dynamiques dans les lagunes régionales. En parallèle, un travail sera engagé pour construire les outils d’avertissement nécessaires aux professionnels et élaborer des solutions pour améliorer la productivité primaire lagunaire à l’avenir.

Pour rappel, ce suivi phytoplanctonique est financé et réalisé avec le concours de l’IFREMER, l’Université de Montpellier, le CNRS, la DDTM, la DML, la DDPP, la Région Occitanie, le Département de l’Hérault, Sète Agglomération,  le SMBT, le CEPRALMAR et le CRCM.

 

*La densité phytoplanctonique qui a été observée en zone A est sensiblement supérieure à celle observée en zone C. Cependant, les faibles densités de coquillages présents en zone C expliquent des taux de remplissage plus satisfaisants dans ce secteur.

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