Vers une étude stratégique pour relancer les filières en mer

La mytiliculture en Occitanie représente 2 000 t de production annuelle dans les lagunes de Thau et de Leucate réunies (données DML 2017). Il existe également des lotissements en mer réservés à la production conchylicole (« filières »). Ceux-ci se situent à Gruissan (261 ha), Vendres (648 ha), Sète-Marseillan (2 754 ha) et aux Aresquiers (540 ha). Leur profondeur est de 20 m en moyenne. Sur les quelques 500 entreprises que compte la région Occitanie, seules 38 possèdent des concessions en mer et en lagunes, et 5 uniquement en mer (Cépralmar, monographie 2016).

Ces zones de production ont été largement abandonnées à la fin des années 90 en raison des pertes très élevées dues à la prédation des dorades et de l’importation massive et déloyale d’autres pays, en particulier l’Espagne. De 5 000 tonnes de moules en élevage en 1990 (Robert et al., 2004), la production est passée à 842 tonnes en 2016 (données DML 2017).

Aujourd’hui des avancées techniques permettent d’envisager une relance de la mytiliculture sur ces concessions. Il s’agit d’un nouveau type de filières, appelées « filières Italiennes ».
Si l’efficacité de ces filières est confirmée, il est envisagé de les intégrer au Schéma Départemental des Structures de Cultures Marines de l’Hérault.

Dans l’optique d’une relance des activités conchylicoles en mer, le Comité Régional Conchylicole de Méditerranée (CRCM) et l’ASA Cultures Marines en Mer Ouverte ont constitué un comité de pilotage (COPIL) depuis janvier 2019 réunissant la Direction de la Mer et du Littoral (DML34), la Région Occitanie et le Cépralmar.

La reconquête des filières en mer ouverte permettrait de diversifier les productions et valoriser un potentiel reconnu et moins touché par les changements climatiques à court terme que les zones lagunaires afin de maintenir et, autant que possible, développer l’emploi dans le domaine de la conchyliculture régionale. Elle permettrait d’autre part de créer des zones de mise à l’abri sanitaire pour les sites de production périphériques.

Objectifs visés stratégiques et opérationnels :
 Reconquérir le marché des moules de pleine mer permettra de renforcer la place de la production régionale sur un marché très dépendant des importations,
 Relancer la conchyliculture régionale de pleine mer grâce à des techniques nouvelles et optimisées,
 Diversifier les activités des producteurs locaux très affaiblis par les crises précédentes et soutenir l’emploi dans la filière,
 Proposer une alternative à la gestion des crises sanitaires par la création d’un nouvel outil de mise à l’abri,
 Permettre de conforter et développer une production durable dont l’impact est très positif pour la biodiversité marine grâce à la fonction de « récifs artificiels de pleine eau »

En vue de cette relance, il est essentiel d’obtenir d’une part, une visibilité économique et stratégique détaillée de la concurrence sur le marché français des moules et des opportunités de pénétration par une production méditerranéenne de pleine mer, et d’autre part analyser sa pertinence économique et financière. C’est l’objet de l’étude de faisabilité que souhaitent lancer le CRCM et l’ASA et qui intégrera :

1) Un diagnostic stratégique de synthèse des forces et faiblesses du projet au regard des opportunités et menaces générées par son environnement

2) Une analyse économique et financière comprenant :
 Une étude du marché de la filière mytilicole identifiant les opportunités de pénétration du marché national par une production méditerranéenne de moules de pleine mer ainsi que des pistes de positionnements marketing permettant de se démarquer des autres produits (NB : en parallèle, l’opportunité de mettre en place un signe officiel de qualité sur ce nouveau produit sera examinée en lien avec l’IRQUALIM).
 Un Business Plan d’une exploitation conchylicole en mer ouverte à décliner dans le cas de figure de deux modèles « type » : entreprise « familiale » individuelle standard et structure d’expédition. Un plan financier prévisionnel sur 3 ans sera établi en intégrant les données du marché cible, le programme d’investissement adapté, les charges inhérentes d’exploitation, le plan de financement, etc.

3) Une expertise sur les moyens de coopération innovants :
Une identification des solutions juridiques et financières de mutualisation les plus pertinentes pour accompagner et favoriser l’adhésion des professionnels en optimisant les coûts des investissements et de fonctionnement des entreprises. Un benchmark sur ces solutions dans les autres zones de productions conchylicoles françaises (voire dans d’autres filières agricoles) sera établi afin de bénéficier des expériences acquises au niveau national.
Sera incluse dans la réflexion, le potentiel d’installation sur la zone conchylicole de Sète Frontignan gérée par l’EPR en intégrant les conditions d’installation dans la situation actuelle et en proposant des préconisations.

A l’issue de ce travail prospectif, un programme de concertation et d’animation sera engagé par le CRCM et ses partenaires, en préalable à une étude sur le remembrement envisagée dans une seconde phase puis une validation de modification du Schéma des Structures Départemental courant 2020.