François de Rugy, ministre de la transition écologique en visite sur le bassin de Thau

François de Rugy, ministre de la Transition écologique a fait étape à Mèze lundi 25 mars pour rencontrer les conchyliculteurs du bassin de Thau. Patrice Lafont, président du CRCM a fait remonter à cette occasion les nombreuses problématiques rencontrées par la filière et les attentes de la profession en terme d’accompagnement.

Il a notamment évoqué les crises successives entre 2016 et 2018, puis l’épisode de malaïgue de cet été pour finir par la présence du picochlorum et le manque de croissance des coquillages.  Pointant la fragilité financière des exploitations, il a rappelé l’impact du changement climatique sur l’activité et rappelé son poids économique sur le territoire et son rôle en matière de préservation de l’environnement.

Il a ensuite exprimé plusieurs attentes :

  •  Compréhension du phénomène des eaux vertes : pérenniser les suivis sous la forme d’un observatoire lagunaire pour continuer à acquérir de la donnée et adapter les pratiques culturales face aux changements climatiques.
  • Restaurer la courantologie naturelle dans les échanges mer/lagune aujourd’hui impactée par les différents aménagements portuaires non concertés avec les usagers de la lagune.
  • Maîtriser l’urbanisation et l’artificialisation du bassin versant compte-tenu de la dégradation de la qualité sanitaire du milieu de production. L’Etat doit se porter garant de notre droit à produire et bloquer tout projet d’aménagement nouveau sans investissements efficients sur les réseaux pluviaux et d’assainissement. Idem pour les émissaires en Mer.
  • Projet de transition énergétique et d’innovation dans la conchyliculture de demain : la profession souhaite développer un projet innovant à haute valeur ajoutée qui combinerait transition énergétique (photovoltaïque, hydrogène), adaptation au changement climatique (assistance aux déficits en oxygène en périodes à risques), modernisation des structures et amélioration des performances de qualité du produit fini (exondation), lutte contre la prédation des daurades et enfin revenu accessoire par la revente d’énergie renouvelable.
  • Préserver la ressource en eau douce et ses apports naturels à la lagune favorables au maintien de la biodiversité et à la production conchylicole (phytoplancton).
  • Sensibilisation des magistrats du ministère public dans la poursuite des dépôts de plainte pour des cas avérés de pollution du milieu.
  • Accentuer les efforts dans la lutte contre les mouillages sauvages et l’abandon des épaves de bateaux nuisibles à l’environnement et au paysage lagunaire.
  • Prise en compte de la spécificité des zones conchylicoles dans les règlements des PPRI qui entravent la modernisation des structures (mas conchylicoles) : mesures de traitement des eaux pluviales et de ruissellements.
  • Sectorisation Rephy : accélérer la réalisation de l’étude scientifique devant permettre de faire avancer le projet de la sectorisation de la lagune de Thau en cas de fermeture pour phytoplancton toxique dont le financement n’est pas assuré à ce jour.

Le ministre s’est montré attentif à ses attentes et vivement intéressé par le projet d’installation d’une ferme photovoltaïque sur les tables conchylicoles et l’aspect intégrateur de ce projet pleinement ancré dans un objectif de transition écologique.